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Ayez les bons réflexes : la récupération de l’eau

03 Sep 20 À la maison

Récupérer l’eau de pluie pour des usages qui ne nécessitent pas d’eau potable, c’est une économie financière et un véritable geste pour l’environnement ! La gestion des ressources en eau est devenue un problème majeur pour les pouvoirs publics. Pour cela, une solution écologique et économique a été développée : la récupération des eaux pluviales, solution qui peut s’appliquer tant aux industries, qu’aux collectivités locales et aux particuliers.

En quoi cela consiste-il ?

Le principe est simple : on vient récupérer l’eau de pluie qui s’écoule de votre toiture par les gouttières. L’eau est alors filtrée et acheminée vers une « cuve de stockage », de laquelle elle sera dispatchée selon vos besoins. La législation française a clairement défini les usages de l’eau de pluie ainsi récupérée, pour des usages extérieurs et intérieurs à l’habitat.

Contexte juridique de la récupération des eaux pluviales en France

La récupération d’eau de pluie a fait parler d’elle et l’État s’est clairement positionné au travers du dernier arrêté du 21 août 2008. Voici l’état des lieux de la législation française en termes de récupération d’eau de pluie.

Loi du 30 Décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques
Elle prévoit l’octroi d’un crédit d’impôt au contribuable installant à son domicile un système de récupération d’eau de pluie. 

Publication du décret d’application au JO du 5 Mai 2007
1. Fixe les conditions d’octroi  du crédit d’impôts, pour des usages à l’extérieur de l’habitat :

  • Arrosage des espaces verts
  • Nettoyage des véhicules et sols extérieurs

2. Accorde un crédit d’impôts de 15 à 25% à hauteur de :

  • 8 000€ pour une personne célibataire, veuve ou divorcée,
  • 16 000€ pour un couple marié soumis à l’imposition commune
  • 400€ par personne à charge

Publication de l’arrêté au JO le 29 Août 2008

1. Définit les usages autorisés :

L’alimentation des sanitaires
L’alimentation des lave-linges est en expérimentation

2. Élargit les conditions d’octroi du crédit d’impôt, pour ces usages intérieurs, tout en posant des exigences quant aux caractéristiques des produits et de l’installation. Les entreprises du secteur sont tenues de s’y conformer.

Pour exemple :

Création d’un double réseau de canalisations pour alimenter les sanitaires et le lave linge (en test)
Déconnexion physique entre ces deux réseaux, afin d’éviter toute rétro-contamination
Installation d’un compteur d’eau relié à la cuve de récupération d’eau de pluie
Facilité d’accès aux réservoirs
Étanchéité vérifiable en tout temps
Accès sécurisé aux réservoirs
Interdiction de raccorder au réseau de distribution d’eau destinée à la consommation humaine
Pose de grilles anti-moustiques et de crapaudines
Filtration inférieure ou égale à 1mm placée en amont de la cuve…

3. De nouvelles exigences pour le particulier ont été adossées à ces nouveaux usages intérieurs :

d’entretien annuel (nettoyage des filtres – vidange, nettoyage et désinfection des cuves – manœuvre des vannes et robinets de soutirage),
de tenir à jour un carnet sanitaire, avec notamment le relevé mensuel de ses rejets dans le réseau de collecte des eaux usées (Une taxation sur les rejets est à prévoir).
Le crédit d’impôt s’applique aux particuliers :

Pour la résidence principale uniquement
Seulement sur le matériel – c’est à dire frais de main d’œuvre non compris
Pour tous équipements achetés entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2012

ATTENTION :

L’utilisation de l’eau de pluie est interdite pour :

  • Les établissements de santé, sociaux, médico-sociaux, hébergement de personnes âgées
  • Les cabinets médicaux, cabinets dentaires, laboratoires de biologie et d’analyses médicales et les établissements de transfusion sanguine
  • Les crèches, écoles maternelles et élémentaires.
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Pourquoi miser sur la récupération d’eau de pluie ?

Les restrictions de limitation des usages de l’eau, le prix de l’eau qui ne cesse d’augmenter et vos consommations qui font de même… La législation française s’est prononcée sur le sujet, la récupération des eaux pluviales constitue un geste écologique et économique validé. En France, certaines communes imposent d’installer un système de rétention des eaux pluviales dans les plans de construction d’une habitation, sous peine de permis de construire non délivré. Alors pourquoi ne pas en profiter pour utiliser cette eau ? Il est donc tout à fait réalisable et légal de récupérer l’eau de pluie et de l’utiliser à des fins hors habitat, type :

  • Arrosage du jardin
  • Lavage des voitures
  • Nettoyage des sols
  • Alimentation des sanitaires
  • Alimentation des lave-linges (en expérimentation)

Le dessalement de l’eau de mer

Il existe deux principes pour le dessalement des eaux :

Les procédés thermiques faisant intervenir un changement de phases : la congélation (méthode fondée sur la différence entre les points de congélation de l’eau douce et de l’eau salée) et la distillation
Les procédés utilisant des membranes : l’osmose inverse et l’électrodialyse

Seules la distillation et l’osmose inverse ont fait leurs preuves et sont les plus couramment commercialisées dans le marché mondial du dessalement. Les autres techniques n’ont pas connu un essor important dans le domaine à cause de problèmes liés majoritairement à la consommation d’énergie et/ou à l’importance des investissements qu’ils requièrent. Toutes les installations de dessalement comportent ces 4 étapes :

Une prise d’eau de mer avec une pompe et une filtration grossière
Un prétraitement avec une filtration plus fine, l’addition de produits anti-tartre
Le procédé de dessalement lui-même
Le post-traitement avec une éventuelle minéralisation de l’eau produite

A l’issue de ces 4 étapes, l’eau de mer est rendue potable ou utilisable industriellement, elle doit alors contenir moins de 0,5 g de sels par litre.

Emplacement des usines de dessalement

Les installations de dessalement sont construites à proximité des centrales de production d’énergie pour obtenir une meilleure utilisation globale de l’énergie disponible.

Méthodes de dessalement de l’eau de mer les plus couramment utilisées

Le procédé de dessalement le plus répandu est la distillation : l’eau est chauffée, puis pompée dans des réservoirs où elle se vaporise brutalement (flash). Après plusieurs flashs successifs, la vapeur condensée est récupérée et donne de l’eau pure. Second procédé très utilisé : l’osmose inverse. La pression permet de faire passer l’eau douce à travers une fine membrane qui ne laisse pas passer les minéraux (le sel).

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L’eau de brouillard

Le brouillard se compose de petites gouttelettes d’eau, dont la taille varie entre 2 et 5µm. C’est-à-dire qu’elles sont si petites qu’elles ne tombent pas au sol. Elles sont alors emportées par les vents, sans irriguer le paysage (à moins qu’elles ne s’arrêtent sur la végétation qui se dresse sur leur chemin). L’idée consiste donc à placer un obstacle (des panneaux) sur leur chemin, afin de pouvoir les récupérer. L’eau s’écoule le long des panneaux, puis est récupérée en bas dans des gouttières et redirigée vers un réservoir de stockage. Les premières réalisations datent de 1990.

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Pour illustrer, le Chili est l’un des endroits les plus secs au monde. Ils ont été les premiers à installer ce type d’équipement. Avec des panneaux de 48 m2, ils parviennent à récupérer 15.000 litres d’eau en moyenne par jour. L’Afrique du Sud, le Yémen, le Pérou ont également adopté cette technique.

Conditions d’utilisation :

  • Les filets sont installés sur une crête, perpendiculairement aux vents
  • Eviter les zones polluées
  • Les filets sont en polypropylène

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