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e5T 2020 : l’effet de la crise sanitaire sur la transition énergétique

21 Oct 20

E5T, c’est le think tank sur la transition énergétique fondé par Myriam Maestroni, également fondatrice d’Économie d’Énergie. Comme notre action chez Économie d’Énergie n’a de sens que dans le cadre de la transition énergétique, de l’évolution vers une société bas carbone, nous suivons pendant 2 jours les conférences et interventions qui se déroulent mercredi 21 et jeudi 22 octobre, à La Rochelle.

Mercredi matin, Myriam Mestroni a démarré la première journée de l’université e5T par un rappel factuel de récents impacts de la crise écologique.

 

On a démarré l’année avec des feux de brousses.
Les incendies en Californie.
Les incendies en Sibérie.
Les super-typhons…
Certains de nos compatriotes sont affectés

 

Au-delà de ce constat des effets de la crise écologique et malgré les contraites liées à la crise sanitaire, le message était clair : « On ne peut pas rester les bras croisés le temps que la situation se décante ». Le coût du changement climatique, a rappelé la fondatrice d’Économie d’Énergie, a été estimé par l’organisation Carbon Disclosure Project à mille milliard de dollars.

E5T 2020 présentation par Myriam Maestroni

E5T 2020 présentation par Myriam Maestroni

Myriam Maestroni est revenue sur le concept de « solastagie » ou éco-anxiété, développé par Glenn Albrecht, l’auteur Des émotions de la terre. « Glenn Albrecht explique qu’on est passé de l’anthropocène à la symbiocène. On redécouvre notre lien à la terre » s’est réjouit la fondatrice du think tank, avant de laisser place à la première table ronde de la journée.

Table ronde « Bilan, perspective et évolutions majeures sous l’effet de la crise sanitaire »

Animatrice Myriam Maestroni, Présidente d’e5t

  • Raphael Boroumand, Docteur en économie, Enseignant-chercheur et Spécialiste énergie-climat
  • Christian de Perthuis, Université Paris-Dauphine, auteur de « Covid-19 et réchauffement climatique »
  • Marc Touati, Conférencier économiste
  • Robert Bell, Chairman Department of Finance and Business Management, Brooklyn College, New York

3 leviers accélérateurs de la transition énergétique

Christian de Perthuis, auteur de « Covid-19 et réchauffement climatique », a analysé 3 leviers qui pourraient s’avérer de très importants accélérateurs de la transition énergétique selon lui.

  1. D’abord, la numérisation croissante de l’économie, instrument de bascule vers un « capitalisme viral » dont la matière première est selon lui l’information. “Un capitalisme qui investit dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.”
  2. Autre levier, la valeur différente accordée à la proximité par rapport au lointain : on recherche moins l’hyper spécialisation des chaînes de productions internationales, on valorise les chaines de productions adaptables, à proximité. Christian De Perthuis voit dans cette crise le basculement dans une société moins basée sur l’hypermobilité ce qui va a priori de paire avec la réduction d’un certain nombre d’émissions, notamment liées au transport international.
  3. Enfin, notre rapport au vivant pourrait nous faire réinvestir dans l’océan et la biodiversité terrestre, puits de carbone actuellement malmenés. Alors qu’il est devenu clair pour le grand public que la transmission de ces maladies à l’homme est liée à l’élevage intensif qui rapproche les humains et la biodiversité sauvage, nous pourrions assister à un fort réinvestissement de cette biodiversité.

Le covid nous interpelle sur notre rapport au vivant puisqu’on nous dit que depuis 30 ans, les maladies infectieuses viennent du monde animal.

Christian De Perthuis
Marc Touati, économiste éditorialiste, a rappelé l’immense défi de la décarbonation de l’économie qu’on lie régulièrement à de la décroissance : « En 1980, 50% de l’humanité vivait sous le seuil de pauvreté extrême. En 2019, 8,5 % seulement. Cette progression est due à la croissance, à la mondialisation. La croissance durable dans un monde fini, c’est l’optimisation énergétique » a-t-il conclu.

Raphael Boroumand e5T

Parler « risques et rendements aux investisseurs financiers »

L’enseignant chercheur Raphaël Boroumand a souligné pour sa part le manque d’intégration du risque climatique dans le monde financier. « Les investissements nécessaires  pour transformer l’économie représentent une année de PIB mondial. Or aujourd’hui, la finance dépolluée représente un pourcentage minime de la finance mondiale ».

Pour l’économiste spécialiste des questions énergie climat, la règlementation financière a un rôle à jouer pour intégrer le risque climatique, ce dernier recouvrant le risque de transition (d’évolutions réglementaires qui feraient baisser d’un seul coup la valeur financière d’une entreprise) et le risque physique de catastrophes naturelles. Une des difficultés majeures : ce risque est très difficile à modéliser pour proposer de la prospective. « Il faut travailler sur des méthodes pour aider les entreprises à intégrer le risque climatique ».

 

La relance verte ne sert à rien si parallèlement on a des investissements bruns. Il faudrait arriver à une situation où on arrête de subventionner les énergies fossiles, sinon, c’est comme si le prix du carbone était négatif.

Raphaël Boroumand
Christian de Perthuis est venu compléter cette vision développant l’idée que la transition énergétique implique à la fois une accélération des investissements mais aussi le désinvestissement de certains secteurs  ou leur reconversion. « C’est là qu’est le vrai coût et c’est là que nos entreprises on besoin de l’Etat ».

Le professeur Robert Bell du Brooklyn College de New York a apporté un éclairage américain plein d’espoir sur cette première conférence de l’Université d’été e5t 2020. M. Bell a ainsi commencé par annoncer la, selon lui, probable victoire de Joe Biden sur Donald Trump, pariant sur le profond affaiblissement de sa popularité en raison de sa (non)-gestion de la crise du Covid-19.

Or, un des objectifs clés du programme du candidat démocrate est la décarbonation de l’électricité d’ici 2035. Cela impliquerait des investissements énormes dans les énergies renouvelables.

 

Les Américains sont très forts dans ce type d’investissement massif

a commenté le professeur.

Robert Bell parie donc sur un avenir très vert côté US faisant remarquer que « le pétrole est déjà perdant : les investissements qui se sont écroulés pendant la crise repartent vers l’éolien mais non pas vers le pétrole. »

La nécessité de flécher les investissements et clarifier les mesures

Cette première table ronde de l’université d’été e5t 2020 s’est conclue à la fois sur la véritable opportunité d’accélération de la transition énergétique créée par la crise du covid, mais aussi sur un fondamental manque de mesures claires. Les pistes pour des investissements fléchés sont nombreuses : vers la rénovation énergétique, l’hydrogène, le stockage d’électricité, la décarbonation de l’industrie… Pour autant, sans cadre réglementaire plus ou moins contraignant, l’accélération de la transition énergétique risque d’être bien trop faible pour changer la donne.

 

 

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