

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit une hausse de 1.5% / an de la demande en énergie jusqu’en 2030, liée à la croissance démographique mondiale. Cette augmentation de la demande sera génératrice de tensions sur l’offre énergétique avec pour conséquence une augmentation des prix des énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon).
Il a donc fallu trouver une réponse rapide et pertinente pour faire face à ces enjeux environnementaux : l’efficacité énergétique. Elle a pour objectifs de :
-diminuer la facture énergétique des agents économiques et limiter les risques d’inflation,
-limiter ou réduire l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables
-réduire l’impact environnemental des activités liées à l’utilisation de ces énergies, notamment une baisse des émissions de gaz à effet de serre.
L'année 2009 a été marquée par un recul de la production d'énergies fossiles et une progression des énergies renouvelables (sauf hydraulique).
| Charbon | -27% sur les importations | L'extraction de charbon s’est arrêtée définitivement en France en avril 2004 |
| Pétrole | -14% sur les importations pour raffinage | Il faut remonter plus de vingt ans en arrière, entre 1983 et 1989, pour trouver des chiffres aussi faibles. |
| Gaz naturel | -6% sur la production nationale | Production de 9.9 TWH en 2009 et les importations restent stables. |
| Electricité | -6.6% (production primaire) +3.1% (production thermique) | La production primaire (nucléaire, éolienne, hydraulique et photovoltaïque) s'établit à 480 TWh, et 62 TWh pour le thermique classique |
| EnR | +1.8% | EnR : photovoltaïque, éolien, hydraulique, bois-énergie, solaire thermique, géothermie, PAC, déchets urbains renouvelables, biogaz, biocarburants. |
Production d'électricité primaire :
La production nucléaire diminue pour la quatrième année consécutive (-6.8%)
La production d'origine éolienne en métropole a atteint 7.8 TWh en 2009 contre 5.7 TWh en 2008.
De 2008 à 2009 le parc photovoltaïque existant a triplé avec +140 MW raccordés au réseau en 2009.
Enfin, après trois années de hausse, la production hydraulique a diminué en 2009 (-9.5%) pour s'établir à 62.3 TWh.
Production d'énergies renouvelables :
Le marché du solaire thermique a connu un recul de 15% des surfaces installées par rapport à 2008, qui concerne en quasi-totalité les installations individuelles.
La géothermie profonde est en légère progression, ainsi que les valorisations électriques et thermiques issues des déchets urbains incinérés.
Avec l’installation de 142 000 pompes à chaleur (PAC) supplémentaires en 2009 dans le résidentiel, le marché des pompes à chaleur connaît lui aussi un ralentissement sensible.
La filière biogaz progresse régulièrement.
La filière des biocarburants garde une croissance soutenue (+10.5%).
Le graphique suivant permet de situer le poids de chaque filière renouvelable en 2009.
Du point de vue de l’énergie, l’année 2009 est celle de la crise de la demande avec une baisse globale de 5,2 %, alors que la tendance de la décennie 1990 était à une hausse de + 1,5 % par an en moyenne.
Variation de la consommation d'énergie primaire par énergie, corrigée des variations climatiques, de 2008 à 2009.
Charbon | -10.9% | La consommation primaire de charbon recule à 10,8 Mtep en 2009, c'est le niveau le plus bas connu. En cause : la chute de la production sidérurgique. | |
| Pétrole | -6.3% | Depuis 1999 la tendance était à la baisse, avec une perte de l’ordre de 0,8 Mtep par an. Avec - 5 Mtep, la baisse de 2009 est donc tout à fait exceptionnelle. |
Gaz naturel | -4.3% | C'est la plus forte baisse depuis 1970. | |
| Electricité primaire | -5.3% | La diminution de la consommation en 2009 est particulièrement marquée dans la sidérurgie (- 23 %), dans le reste de l’industrie (- 10 %) et dans les transports urbains et ferroviaires (- 3 %). |
EnR | +3.9% | La consommation primaire du poste énergies renouvelables a atteint 16.1 Mtep en 2009. |
Le graphique suivant indique le poids des différentes énergies dans la consommation d'énergie primaire en 2009 : l'électricité reste la première énergie utilisée (42.7%).
Source : SOeS, bilan de l'énergie 2009
*Il s’agit de la consommation d’énergie domestique des ménages et de celle du secteur tertiaire (donc surtout d’une énergie consacrée à chauffer, à cuire, à climatiser, et à faire fonctionner des appareils électriques ou électroniques).
L’année 2009 marque une chute historique des transports intérieurs de marchandises : - 15,1 % mesuré en tonnes kilomètres. Après une quasi-stabilité en 2008, le transport intérieur de voyageurs affiche en 2009 une légère progression (+ 0,8 % mesuré en voyageurs-kilomètres). Enfin, mesurée en véhicules-km, la circulation routière de l’ensemble des véhicules est stable en 2009 (- 0,1 %), après une baisse de - 1,4 % en 2008.
Malgré une diminution de sa consommation finale d'énergie en 2009, le secteur du bâtiment résidentiel et tertiaire reste le plus énergivore, comme le montre le graphique ci-dessous. Il est donc le premier secteur concerné par les économies d’énergie.
Source : SOeS, bilan de l'énergie 2009
Au niveau des gaz à effet de serre, le bâtiment est responsable de 26% des émissions nationales avec 97 millions de tonnes de CO2 par an.
A ce jour, 58% du parc résidentiel français est constitué de logements construits avant la RT 75, et ces logements consomment davantage que les logements plus récents.
Source : CEREN 2008
Les principaux postes de consommation sont : le chauffage (65%) et les usages spécifiques (17%), même si ces taux varient fortement en fonction de la date de construction et du type de logement.
Dans le résidentiel et le tertiaire, le choix a été fait d’atteindre les objectifs du Grenelle par le renforcement de la réglementation thermique (RT).
L’objectif de la RT 2012 reprend le niveau de performance défini par le label BBC Effinergie, soit une consommation moyenne d’énergie primaire (avant transformation et transport de l’énergie) inférieure à 50kWh/m2/an pour 5 usages (chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement, éclairage, ventilation). L’application de la RT 2012 sera effective à partir du 1 janvier 2011 pour les bâtiments publics et tertiaires privés, et à partir du 1 janvier 2013 pour tous les bâtiments résidentiels.
L’étape suivante à partir de 2020 sera la construction de BEPOS (bâtiments à énergie positive) qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment.
Dans le secteur de la rénovation, il n’est pas possible de contraindre des réductions de consommation énergétique par une réglementation. Il a dons fallu mettre en place des mesures essentiellement incitatives.
Afin d’encourager les français à améliorer l’efficacité énergétique de leurs logements, des aides financières et des avantages fiscaux ont été mis en place.
La loi de finances de 2005 a permis la création d’un crédit d’impôt dédié au développement durable et aux économies d’énergie, et celle de 2009 a instauré l’éco-prêt à taux zéro (le 100 000è éco-PTZ signé en avril 2010 atteste du succès du dispositif).
En savoir plus sur les aides financières
Le plan d’action national en faveur des énergies renouvelables, en cours de mise au point, définira des objectifs intermédiaires pour atteindre les 23 % d’EnR d’ici 2020. En attendant, on peut retenir les objectifs pour 2012 établis par le Comité opérationnel (Comop) n° 10 du Grenelle de l’environnement.
Consommation finale d'énergie renouvelable (métropole + DOM) en Ktep
Source : SOeS, bilan de l'énergie 2009