


A l’heure actuelle, la production d’uranium dans le monde est très concentrée. Ainsi, le Canada à lui
seul produit un tiers de l’uranium mondial. Les réserves prouvées et exploitables se trouvent dans l’ordre en Australie, en Afrique du Sud et au Canada. Ces trois pays représentent un tiers de ces 2516 milliers de tonnes de réserves, alors que la France en dispose d’à peine 0,5%.
Si la France a pu produire certaines quantités du précieux minerai qui produit la majorité de notre électricité, les mines françaises d’uranium sont aujourd’hui toutes fermées faute de rentabilité. La dernière, à Jouac dans la Haute-Vienne, a ainsi été fermée par la Cogema en 2001. Depuis, la France importe l’intégralité de l’uranium nécessaire au fonctionnement des 58 réacteurs nucléaires de l’Hexagone.
Ils représentent une puissance de 63 GW, qui produit 431 TWh, soit 78% de notre production électrique : il s’agit de la seconde production nucléaire au monde, derrière les Etats-Unis. La France importe son uranium principalement du Canada, d’Australie, et du Niger, pour des besoins estimables à environ 12 000 tonnes par an (une centrale consommant environ 200 tonnes de combustible par an).
L’uranium présente moins de risque en termes d’approvisionnement que le pétrole notamment puisqu’il n’existe pas de cartel semblable à l’OPEP, et donc peu de chances qu’une restriction massive et soudaine de la production se produise, comme cela avait été le cas en 1973.
Cependant, depuis que les Etats font la chasse aux gaz à effet de serre, le nucléaire redémarre de plein pied, malgré les risques inhérents et les oppositions toujours fortes. Ainsi, au niveau mondial, 28 réacteurs sont en construction, 64 planifiés, et quelque 158 projets sont en cours. L'Inde et la Chine arrivent en tête des nouveaux projets de construction avec respectivement sept et cinq nouvelles centrales.
De fait, un déséquilibre commence à se faire sentir entre l’offre mondiale et la demande mondiale, qui sont très loin de s’équilibrer. A cause des oppositions au nucléaire depuis les années 1970, la production d’uranium est au moins aussi contrainte que l’utilisation électronucléaire du minerai. Ainsi, pour cette année, on estime que la consommation devrait atteindre les 80 000 tonnes, alors que les prévisions de production tablent sur 46 720 tonnes.
Ainsi, le prix de l’uranium s’est-il envolé ces derniers temps : alors que l’uranium avait atteint son plus bas niveau en 1994, et était sous la barre des 10$ la livre au début des années 2000, le prix de la livre s’élevait à 36,25$ fin 2005. Depuis, la hausse se confirme : de 60$ fin 2006, la livre d’uranium a aujourd’hui dépassé les 110$.
Actuellement il est difficile de voir la fin de cette hausse du prix compte tenu d’une part de la hausse de la demande en uranium, et d’autre part des contraintes très lourdes qui pèsent sur la production. Ainsi il faut tenir compte du retard accumulé dans la prospection et l’exploitation des gisements, de contraintes nationales et internationales qui restreignent l’extraction, le transport ou l’exploitation du minerai, mais aussi la fin en 2013 de l’accord entre la Russie et les États-unis concernant les armements nucléaires, seuil d’incertitude pour les experts.
Ainsi, face à une croissance exponentielle du coût de l’uranium, et surtout au déséquilibre très net entre l’offre et la demande, on est en droit de se demander si l’uranium ne pourrait pas être la source de tensions internationales. Cependant, les défenseurs de l’électricité nucléaire rappellent qu’il ne faut pas oublier que le coût de l’uranium n’est que très faible dans le coût de l’électricité produite, l’enjeu en termes de prix se situant plutôt dans la technologie et la sécurité mises en œuvre.
D’autre part, une pénurie à court terme est très peu envisageable : les réserves connues et reconnues comme exploitables sont encore énormes. Mais le temps nécessaire à leur exploitation sera certainement une période propice à la mise en avant des économies d’énergies et aux sources d’énergie renouvelables. A court terme, plus qu’une menace financière, c’est la rareté et l’appropriation du minerai qui pourraient être problématiques.
Malgré l'ouverture du marché, l’électricité est toujours considérée en France comme un service d’intérêt général à caractère marchand qui doit être soutenu par l’État.
Selon la Commission européenne, le maintien de ces deux marchés empêche la mise en place d’une véritable concurrence entre les opérateurs et donc la baisse des prix pour le consommateur final. Le 13 juin, la Commission européenne a ouvert une enquête à l’encontre de la France. Celle-ci remet sérieusement en cause le principe des tarifs réglementés de l’électricité en France.
De son côté le Parlement européen devrait se prononcer le 12 juillet sur le rapport du député Alejo Vidal Quadras (PPE). Or le texte propose, entre autres, la suppression progressive des tarifs réglementés en Europe, tout en maintenant ce principe pour les consommateurs les plus vulnérables dans certaines situations.
La concurrence avec EDF est d’autant plus difficile pour les nouveaux fournisseurs d’énergie que le groupe semi-public dispose des 58 réacteurs nucléaires français. Pour remédier à cette situation qui permet à EDF de vendre son électricité à des prix ultra compétitifs aux nouveaux fournisseurs du marché, le Conseil de la concurrence a enjoint l’entreprise, jeudi 28 juin, à proposer, dans un délai de deux mois, de nouvelles offres de gros aux fournisseurs alternatifs afin de permettre une « concurrence effective » dans le cadre de l’ouverture totale des marchés à la concurrence. « Des mesures conservatoires sont nécessaires pour améliorer les conditions d’approvisionnement des fournisseurs en électricité et permettre ainsi une concurrence effective sur les marchés de détail » a indiqué le Conseil dans un communiqué. La décision a été rendue à la suite d’une plainte déposée par le fournisseur Direct Énergie. Ce dernier affirmait que les opérateurs ne pouvaient pas fournir une offre compétitive en raison du prix de gros trop élevé proposé par EDF. De nouveaux engagements devront être présentés par l'opérateur avant le 14 juillet et sa proposition fera l’objet d’un test de marché » a précisé le Conseil.
Aujourd’hui la France est pourvue de 59 réacteurs qui représentent une puissance installée de 63 000 millions de Watts (63 Twh). La demande francaise d’électricité augmente, parallèlement à la croissance industrielle, d’environ 1.5% à 2% par an.
le parc nucléaire d'EDF (au 1er novembre 2006) compte 59 réacteurs répartis sur 22 sites :
Le parc de réacteurs français est jeune : 20 ans d’age en moyenne.
La durée de vie du parc
A l’origine, la durée de vie des centrales construites en France était prévus pour au moins 25 ans. Assez vite on a réalisé qu’elle pouvait sans problème être porté à 40 ans. Selon la réglementation française, l’autorité de sûreté procède à des visites décennales des réacteurs, et donne, si tout va bien, une autorisation de fonctionnement pour la période décennale suivante.
Il apparaît vraisemblable qu’une certaine proportion de centrales françaises pourra voir sa durée de vie portée à 50, voire 60 ans. Or la plus ancienne de ces centrales nucléaire, située à Fessenheim, à été mise en service en 1977. Dans ces conditions, la question du renouvellement du parc électronucléaire français se pose au plus tôt pour les années 2015-2020.
Capacité de production.
La France dispose d'une surcapacité de production par rapport à sa consommation, ce qui la place dans une situation favorable vis-à-vis de ses voisins européens auxquels elle vend ses excédents. La production d'électricité en France est supérieure aux besoins de consommation. Cependant, les centrales nucléaires actuelles ne sont pas bien adaptées aux changements de régimes rapides exigés par le suivi des variations de la consommation au cours de la journée (le suivi de charge). Voir un exemple de suivi de consommation.
Elles sont plus efficaces lorsqu’elles travaillent à pleine puissance en régime stable et continu (fonctionnement « en base »). Le parc nucléaire français est confronté à ce problème de suivi de charge, avec un cœfficient de performance de l’ordre de 80%, nettement inférieur à celui des autres pays où la proportion d’électricité nucléaire est moins élevée, et où le nucléaire peut être utilisé en continu à sa puissance nominale, le suivi de charge étant assuré par les autres modes de production. Dans ces pays, le taux de performance dépasse couramment les 90%.
Les réacteurs du futur.
EPR, réacteur de 3ème génération : Un réacteur plus sûr et respectueux de l’environnement
L'International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER) est un projet de réacteur expérimental à fusion nucléaire (à ne pas confondre avec la fission nucléaire) basée sur la technologie du Tokamak (voir cet article pour le principe de fonctionnement d'ITER). ITER s'inscrit dans la lignée d'engins de recherche fondamentale en Angleterre, aux États-Unis, en France et en Suisse, dont les promoteurs estiment qu'ils progressent vers l'objectif recherché. L'objectif de ce type de réacteur est d'obtenir un moyen de production énergétique massive, car l'aboutissement à un projet industriel permettrait d'exploiter une source d'énergie quasi inépuisable et peu polluante. Des controverses existent sur l'objectif lui-même et sur la capacité d'ITER à y contribuer.
La filière nucléaire française produit, en moyenne un Kilogramme de déchet par an et par habitant.
A titre d’exemple, le césium-135 et l’iode-129 ont respectivement une durée de vie de 2.3 et 15.7 millions d’année ! Ces deux produits de fission à vie longue sont connus pour leurs propension à quitter les structures chimiques où l’on cherche à les retenir prisonniers et leur tendance à se propager dans l’environnement. En d’autres termes, ces produits restent radioactifs sur ces périodes.
chaque pays ou presque a une position différente de celle de son voisin. En France, on les entrepose à La Hague en attendant la mise en œuvre d’une solution industrielle définitive.
La loi bataille
En 1991, est voté la loi Bataille (loi no 91-1381 du 30 décembre 1991) aussi connue sous le nom de loi Bataille du nom de son rapporteur. Cette loi est relative aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs. Elle est née des difficultés rencontrées par l‘ANDRA à trouver un site pour l'implantation éventuelle d'un centre de stockage de déchets radioactifs de haute activité et à vie longue.
Cette loi repoussait à 15 ans toute décision sur le devenir à long terme de ces déchets. Elle a tracé les contours d'un programme de recherche à réaliser pendant cette durée et énonce que le Parlement devra se voir remettre en 2006 un rapport global d'évaluation de ces recherches.
Trois axes de recherche avaient été définis :
Le gouvernement a par ailleurs demandé au CEA de réfléchir aux concepts d'entreposage en subsurface, qui étudie cette question notamment à Marcoule (Gard).
En 2006, la loi de programme du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et des déchets radioactifs, prolongement de la loi Bataille, fixe un nouveau rendez-vous pour 2015.
Une architecture est alors élaborée en trois points :