

Le secteur électrique étant bien plus complexe en France que dans les autres pays européens, la question du calcul du contenu en CO2 du kWh électrique est épineuse.
En effet, les moyens de production utilisés sont divers :
Ainsi, en France, les émissions de CO2 du parc électrique varient très fortement en fonction du mode de production utilisé car certains modes de production sont moins émetteurs en CO2 que d’autres. Par exemple, le nucléaire et la production d’électricité d’origine renouvelable (éolien, hydraulique et solaire) sont peu émetteurs de gaz à effet de serre, contrairement aux centrales thermiques très émettrices du fait notamment de l’utilisation majoritaire du charbon.
Ainsi, la quantité de CO2 contenue dans un kWh électrique diffère selon le mode production analysé, mais il dépend également de la méthode de calcul choisie, comme explicité dans notre onglet « Méthodes de calcul ».
Contrairement à ses voisins européens qui, eux, produisent leur électricité majoritairement par centrales thermiques, la France est soumise à des variations horo-saisonnières importantes du contenu en CO2 du kWh, découlant de sa diversité de moyens de production (et donc d’émissions de CO2).
En 2005, l’ADEME, en collaboration avec EDF, a publié une note de cadrage sur le contenu CO2 du kWh électrique : la méthode de calcul retenue est celle des contenus saisonnalisés par usage sur base historique.
La première méthode de calcul du contenu en CO2 du kWh électrique a été élaborée conjointement par l’ADEME et EDF. Elle évalue le contenu saisonnalisé par usage sur une base historique (moyenne des années 2000 à 2004). Il s’agit ici de déterminer quelles sont les sources d’électricité utilisées pour chaque usage, à savoir :
Le calcul étant réalisé sur une base historique, EDF doit lisser les variation annuelles, et pour ce faire, une moyenne de consommation sur plusieurs années est réalisée.
En employant ce mode de calcul, le contenu en CO2 du kilowattheure français est établit comme suit :
USAGES | QUANTITE EN GRAMME DE CO2 PAR KWH |
Chauffage | 180g de CO2 par kWh |
Eclairage | 100g de CO2 par kWh |
Usages intermittents | 60g de CO2 par kWh |
Usages en base | 40g de CO2 par kWh |
Cependant, la méthode des contenus saisonnalisés par usage sur base historique connaît certaines limites :
C’est ainsi qu’en octobre 2007, l’ADEME et RTE ont conjointement publié une note concernant le mode de calcul du contenu en CO2 du kWh électrique français, précisant que 3 modes de calculs différents existaient :
Cette méthode répond aux faiblesses de la première puisque dans ce cas, il ne s’agit plus de déterminer le contenu en CO2 pour un usage particulier, mais de calculer le contenu en CO2 d’un kWh supplémentaire d’électricité pour chaque usage.
Cela revient à déterminer :
Cette méthode identifie ainsi des quantités de CO2 du kWh électrique bien plus élevées que la première méthode :
USAGES | QUANTITE EN GRAMME DE CO2 PAR KWH |
Chauffage | 500 à 600g de CO2 par kWh |
Eclairage et usages intermittents | 600 à 700g de CO2 par kWh |
Usages en base | 450 à 550g de CO2 par kWh |
La troisième méthode de calcul est une variante de la seconde, puisqu’elle prend en compte les prospectives du parc électrique : les grandes tendances actuelles sont prises en compte, comme l’essor des énergies renouvelables par exemple.
Les deux méthodes de calcul du contenu marginal diffèrent de la première car elles prennent en compte la libéralisation européenne du marché de l’électricité. Le parc électrique européen offre à chaque État membre la possibilité d’acheter l’électricité la moins chère du marché : ainsi, l’électricité achetée à l’étranger pour satisfaire la demande française est moins chère mais plus carbonée !
En effet, contrairement à la France, l’électricité produite par les pays européens n’est pas majoritairement issue de centrales nucléaires mais de centrales thermiques, bien plus polluantes !
Pour en savoir plus, sur notre site rendez-vous à la rubrique « électricité ».
La méthode des contenus saisonnalisés par usage ne s’applique qu’à la France: les échanges réalisés aux frontières ne sont pas pris en compte.
A l’inverse, les deux méthodes de contenus marginaux intègrent le fait que l’électricité est un marché européen, ce qui signifie que l’on pourra juger de l’impact en France mais aussi dans les autres pays européens des décisions françaises en terme d’émissions de CO2.
Les approches marginales permettent donc de s’inscrire dans un environnement énergétique européen, prenant en compte les différentes interconnexions.
La méthode des contenus saisonnalisés par usage ne prend pas en compte :
La méthode de contenu marginal permet à l’inverse de calculer les émissions de CO2 évitées d’une part par les énergies renouvelables et d’autre part par des actions de maîtrise de l’électricité.
En utilisant la méthode des contenus saisonniers par usage, les statistiques que l’on obtient sont figées dans le temps : il s’agit d’une photographie à un instant précis de la situation française.
De plus, ces statistiques ne prennent pas en compte la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables.
Enfin, cette méthode a tendance à « minimiser » les quantités en CO2 du kWh électrique puisqu’elles passent de 180 g/kWh en chauffage (contenus saisonnalisés) à 500 – 600 g/kWh (contenus marginaux).
A l’inverse, les méthodes de contenus marginaux permettent :