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Le Grenelle de l'Environnement

LE GRENELLE 1 FIXE LES OBJECTIFS ET LE GRENELLE 2 DEFINIT LES MESURES POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS

Contexte

Le Grenelle 1, voté à l’unanimité par l’Assemblée Nationale le 21 octobre 2008, constitue le projet de loi de programme relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, c’est-à-dire le texte qui fixe les objectifs de l’Etat en matière de lutte contre le changement climatique.

Comme le texte l’indique, « la lutte contre le changement climatique est placée au premier rang des priorités », s’inscrivant dans la démarche de la directive européenne dite des « 3x20 », à savoir :

  • réduction d’au moins 20% des émissions de gaz à effet de serre,
  • amélioration de 20% de l’efficacité énergétique,
  • 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique (sachant que la France a choisi de porter cette part à 23% de sa consommation).

Le projet de loi, qui comporte 50 articles, couvre de nombreux thèmes : le bâtiment, les transports, l’énergie, la recherche, etc ...

Le secteur du bâtiment

Dans le cadre de la réduction de la consommation énergétique du secteur du bâtiment, plusieurs mesures sont précisées. En effet, ce secteur représente plus de 40% de l’énergie finale et environ un quart des émissions de gaz à effet de serre.

Dans cet objectif, l’article 4 présente le renforcement de la réglementation thermique :
Toute construction neuve dont la demande de permis de construire est déposée à compter de la fin de l’année 2012 devra présenter une consommation d’énergie primaire inférieure à 50kWh/m²/an en moyenne.
De plus, un seuil maximal de besoin en énergie de chauffage sera fixé. Enfin, les acquéreurs de logements dont la performance énergétique sera supérieure à ce seuil de 50kWh/m²/an bénéficieront d’avantages supplémentaires (aide à l’accession à la propriété et prêt à taux zéro).

L’article 5 quant à lui se concentre sur les bâtiments existants : l’objectif est ici de diminuer d’au moins 38% les consommations énergétiques du parc de bâtiments existants à l’horizon 2020. Ce vaste programme de rénovation, qui touche à la fois les bâtiments résidentiels et tertiaires, que les logements sociaux et les bâtiments publics, concernera 400 000 logements par an dès 2013.

Au sujet des logements sociaux, le programme est répartit comme suit :

Programme de rénovation des logements sociaux

Années

2009

2010

2011

2012 à 2020

Nb de logements sociaux rénovés par an

40 000

60 000

70 000

70 000

La rénovation des premiers logements sociaux débutera avant 2013, pour les 800 000 logements dont la consommation annuelle d’énergie est supérieure à 230kWh/m² (énergie primaire).

Pour la rénovation des bâtiments résidentiels et tertiaires, l’Etat souhaite mettre en place différentes mesures incitatives, notamment :

  • partenariat avec des banques et assurances pour favoriser l’investissement dans la réalisation d’économies d’énergie ;
  • mise en place de contrats de performance énergétique* (pour les bâtiments tertiaires et publics uniquement) ;
  • mise en place d’un crédit d’impôt sur le revenu.
* définition issue de la Directive Européenne CE 2006/32 du 5 avril 2006, « relative à l’efficacité énergétique dans les utilisations finales et aux services énergétiques » : Un accord contractuel entre le bénéficiaire et le fournisseur (normalement une Société de Services Energétiques) d’une mesure visant à améliorer l’efficacité énergétique, selon lequel des investissements dans cette mesure sont consentis afin de parvenir à un niveau d’amélioration de l’efficacité énergétique qui est contractuellement défini).

Le secteur de l’énergie

Dans ce secteur aussi, les particuliers français sont directement concernés.

Nous sommes tous déjà familiarisés avec les étiquettes énergie que l’on trouve sur nos électroménagers et véhicules ; et bien l’Etat, comme l’indique l’article 15, souhaite étendre cet étiquetage à tous les « appareils de grande consommation », afin de nous informer sur leur niveau de consommation énergétique :

étiquette A, l’appareil est économe, étiquette G, halte !

Autre nouveauté, l’article 16 rappelle l’interdiction à la vente dès 2010 des ampoules à forte consommation d’énergie : vous ne trouverez donc en magasin que des ampoules à basse consommation ! De quoi faire un grand pas vers les économies d’énergie chez soi !

L’Etat souhaite enfin soutenir la production d’énergie à partir de sources renouvelables, et ce au travers de différents mécanismes incitatifs, entre autres :

  • soutenir la recherche ;
  • fixer des objectifs régionaux, en fonction du potentiel local ;
  • adapter les réseaux de transport et de distribution d’électricité afin qu’ils puissent supporter l’ajout de moyens de production d’origine renouvelable.

Contexte

Il s’agit du projet de loi d’application des mesures prises dans le cadre du Grenelle de l’Environnement : plus simplement, il s’agit des mesures concrètes qui découlent des engagements pris par le Grenelle 1.

Le projet de loi (ou exposé des motifs) a été présenté au Conseil des Ministres le 7 janvier 2009 : il n’en est donc qu’aux prémisses de son cheminement réglementaire.

Le texte propose des mesures pour tous les secteurs couverts par le Grenelle 1 (le bâtiment, la recherche, l’énergie…). Les mesures proposées les plus impactantes pour les particuliers concernent le secteur du bâtiment.

Le secteur du bâtiment

L’article 1er s’attache en particulier aux bâtiments neufs et existants (qu’il s’agisse de bâtiments résidentiels ou tertiaires).

Les bâtiments neufs

La première mesure proposée est la suivante : le maître d’ouvrage (ou donneur d’ordre) doit prouver, dès le dépôt de la demande de permis de construire, qu’il a pris en compte les minima requis par la réglementation thermique en vigueur.

La seconde mesure suggérée est la création d’un label introduisant des exigences de performances environnementales, pouvant être associées aux performances énergétiques minimales qui sont, elles, définies réglementairement. D’après le texte, ces performances doivent porter « sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, et prenant notamment en considération : les ressources nécessaires en énergie, en eau, les émissions équivalentes de CO2 et de polluants, la qualité de l’air intérieur, les déchets produits ».

La troisième mesure propose d’instaurer l’obligation de présenter, à la fin des travaux, une attestation de performance énergétique du bâtiment, prouvant la prise en compte effective de la réglementation thermique. Cette mesure est particulièrement impactante car elle engage la responsabilité du constructeur sur cet aspect, là où le DPE ne constituait, lui, qu’une information sur le niveau de consommation énergétique du bâtiment.

Les bâtiments existants

Le Grenelle 2 propose, dans le cadre de bâtiments existants, d’étendre le dispositif du DPE :

  • à tous les bâtiments à chauffage collectif,
  • à tous les contrats de location (à l’exception des baux ruraux).

Pour rappel, actuellement, seuls les contrats de location de biens immobiliers sont concernés par le dispositif du DPE.

Depuis le 1er novembre 2007, tous les diagnostics exigés par la réglementation pour la vente ou la location d’un bien immobilier (à savoir : constat de risque d’exposition au plomb, état mentionnant la présence ou l’absence de matériaux contenant de l’amiante, état relatif à la présence de termites, état des risques naturels et technologiques et DPE) doivent être réunis dans un dossier de diagnostic technique. Le Grenelle 2 souhaite que ce diagnostic soit réalisé « le plus en amont possible de la signature de l’acte de vente ou de location du bien immobilier ».

Le cas spécifique des copropriétés

Le Grenelle 2 s’intéresse de près à la réalisation d’économies d’énergie au sein de copropriétés. Il propose le principe des contrats de performance énergétique : il s’agit pour le syndic de choisir un prestataire de service d’efficacité énergétique (après mise en concurrence de différentes offres), qui s’engagera à faire faire des économies à la copropriété.

Le contrat de performance énergétique doit permettre de réaliser des économies d’énergie suffisantes pour couvrir l’investissement des copropriétaires ainsi que les dépenses engagées par le prestataire.

Pour le syndic, l’avantage est que l’investissement pourra être nul, car le contrat peut par exemple prévoir que le prestataire sera rémunéré sur les économies d’énergies réalisées au sein de la copropriété.

Programme « Qualité écologique des eaux »

L’enjeu est de remettre aux normes les 146 stations les plus importantes, représentant 18 millions d’habitants soit près du quart de la population française qui ne répondent pas aux normes liées à la directive ERU, auxquelles il faudra ajouter les 500 stations de taille plus réduites. Par la même, restaurer le bon état écologique des fleuves rivières et nappes.

Ce programme propose une dizaine de mesures à mettre en place entre 2007 et 2012 afin de retrouver une forte qualité écologique des eaux.

Lire en détail le programme Qualité écologique des eaux

Programme « agriculture écologique et productive et valorisation durable de la ressource forestière »

L’avenir est à la mise en place d’une agriculture écologiquement productive, qui défend sa compétitivité par la qualité environnementale de ses modes de production.

Ce programme propose 3 directions à suivre :

  1. Structurer la filière « agriculture biologique », pour lui permettre de satisfaire la demande intérieure ;
  2. 10 mesures pour une agriculture écologique et productive ;
  3. Valorisation durable de la ressource forestière.

Lire en détail le programme Agriculture écologique et valorisation forestière

Programme « Gouvernance »

Une nouvelle gouvernance est nécessaire. L’approche globale retenue est celle de conciliation de la protection et la mise en valeur de l’environnement, du développement économique et du progrès social, telle qu’elle est prescrite par la Charte de l’environnement.

Ce programme propose 7 grandes directions de travail :

  1. La reconnaissance des partenaires environnementaux
  2. Une stratégie nationale de développement durable validée par un Parlement intégrant davantage la dimension environnementale et le développement durable
  3. Collectivités territoriales : des acteurs essentiels de la définition et de la mise en oeuvre des politiques de développement durable
  4. Des pouvoirs publics exemplaires
  5. Des décisions publiques s’inscrivant dans la perspective d’un développement durable
  6. Une gouvernance écologique pour les acteurs économiques et sociaux
  7. Citoyens et consommateurs responsables : éducation, formation et information

Lire en détail le programme Gouvernance

Calendrier des prochaines étapes

Une loi-cadre devrait être discutée au Parlement au premier trimestre 2008.

Lors de la table ronde finale, le 24 octobre, le Premier ministre a annoncé que la réforme de l’État permettrait "d’introduire la préoccupation écologique à tous les niveaux" et que la réalisation des programmes d’actions du Grenelle de l'Environnement seraient la priorité du Gouvernement.

Des comités de pilotage seront installés le 15 décembre

comprenant tous les partenaires du secteur, pour l'ensemble de ces programmes.
Pour chaque programme, plusieurs points d’étapes sont déjà prévus pour 2008.

source : MEDAD

 
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